Aujourd'Hui, j'ai rêvé. J'ai effeuillé, page après page, le cahier de vacances de Pascal Thouvenin.
J'étais libre, prête à tout recevoir ou à ne rien y comprendre. Mais, en me laissant traverser, c'est le miroir que j'ai trouvé, un vrai miroir avec de la vie, de la mort, des blessures, des peaux, des fenêtres, des barbes rousses, et de l'écorce arrachée à l'arbre.
J'ai ouvert les fenêtres, certaines ouvraient sur l'ombre : je me suis dit, cette ombre, c'est lui ou c'est moi ? c'est la mienne ou la sienne ? Il m'a parlé : du temps qui passe et du passé perdu, de la tristesse, comme quand j'étais petite et aussi du grand bonheur qui surgit sans qu'on l'attende, puisque les deux sont indissociables : ombres et clartés, ombres et brillants, la terre et le ciel dit-il.
Si tu aimes la vie, comment faire l'économie de la tristesse ?
J'ai tourné les pages et j'ai encore vu mes failles, mes béances et mes cicatrices, les vôtres aussi ; forcément, celles de nous tous, celles qu'on ne peut pas voir, celles avec lesquelles on s'arrange comme on peut, plus ou moins bien. J'y ai vu mes déchirures, apprivoisées tant bien que mal, et j'ai cru un instant, apercevoir les siennes, celles qu'on devine à demi-mot quand il dit :