Peintre de la sensibilité

 

Profondeur et nuances

 

 

Pascal Thouvenin est peintre de la sensibilité.

 

Son oeuvre allie à la fois une grande maitrise, l'astuce des matières transparentes, un accord parfait des coloris et l'intelligence de la composition. A le regarder, on se sent immédiatement en état d'apesanteur et on effectue une pause malgré soi... touché par un calme intérieur, une sensation de mystère, de sacré. L'esprit s'évade, porteur de mille questions.

Avec les papiers qu'il associe comme un artisan et qu'il déchire à l'envi, il recrée son univers intime en artiste amoureux, soucieux de perfection.

 

La relation au temps est là, presque jusqu'à l'obsession, sans intention passéiste, ni romantique, sans connotation désuète, mais active, perpétuellement en évolution, un temps universel qui roule à l'infini sur lui-même et où Thouvenin décide d'inscrire sa petite parcelle d' "histoire".

 

Finesse des tons rompus, des sables, des ocres, des terres, sans heurt ni tranchant, sa peinture est faite, comme lui, de nuances.

 

On assiste à une alternance d'explosion et de douceur, de jaillissements contenus et de calme o^rien ne semble définitivement achevé.

 

Lent et délicat travail, obstiné, il avance, détruit souvent, beaucoup, pour en suite poursuivre sa quête avec une énergie confondante.

 

La présence d'une religiosité très forte est là aussi, indubitable, liée aux profondeurs de son étier, qu'il nous livre. Il s'agit d'une interrogation sur le sens de la vie, qui participe plus d'une philosophie orientale que d'une recherche religieuse particulière.

 

Il est rare à mon sens de voir une telle osmose entre un artiste et son oeuvre, un reflet sans concession de sa personnalité où alternent force et faiblesse, acharnement et doute, rêve et désir.

Anonyme

 

 

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  Faire l'économie de la tristesse ?

 

 

 

Aujourd'Hui, j'ai rêvé. J'ai effeuillé, page après page, le cahier de vacances de Pascal Thouvenin.

 

J'étais libre, prête à tout recevoir ou à ne rien y comprendre. Mais, en me laissant traverser, c'est le miroir que j'ai trouvé, un vrai miroir avec de la vie, de la mort, des blessures, des peaux, des fenêtres, des barbes rousses, et de l'écorce arrachée à l'arbre.

 

J'ai ouvert les fenêtres, certaines ouvraient sur l'ombre : je me suis dit, cette ombre, c'est lui ou c'est moi ? c'est la mienne ou la sienne ? Il m'a parlé : du temps qui passe et du passé perdu, de la tristesse, comme quand j'étais petite et aussi du grand bonheur qui surgit sans qu'on l'attende, puisque les deux sont indissociables : ombres et clartés, ombres et brillants, la terre et le ciel dit-il. 

 

Si tu aimes la vie, comment faire l'économie de la tristesse ?

 

J'ai tourné les pages et j'ai encore vu mes failles, mes béances et mes cicatrices, les vôtres aussi ; forcément, celles de nous tous, celles qu'on ne peut pas voir, celles avec lesquelles on s'arrange comme on peut, plus ou moins bien. J'y ai vu mes déchirures, apprivoisées tant bien que mal, et j'ai cru un instant, apercevoir les siennes, celles qu'on devine à demi-mot quand il dit : 

 

"Je suis né à 12 ans avec la peinture"

 

Chantal Soullier 

 
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