A travers le miroir

  Faire l'économie de la tristesse ?

 

 

 

Aujourd'Hui, j'ai rêvé. J'ai effeuillé, page après page, le cahier de vacances de Pascal Thouvenin.

 

J'étais libre, prête à tout recevoir ou à ne rien y comprendre. Mais, en me laissant traverser, c'est le miroir que j'ai trouvé, un vrai miroir avec de la vie, de la mort, des blessures, des peaux, des fenêtres, des barbes rousses, et de l'écorce arrachée à l'arbre.

 

J'ai ouvert les fenêtres, certaines ouvraient sur l'ombre : je me suis dit, cette ombre, c'est lui ou c'est moi ? c'est la mienne ou la sienne ? Il m'a parlé : du temps qui passe et du passé perdu, de la tristesse, comme quand j'étais petite et aussi du grand bonheur qui surgit sans qu'on l'attende, puisque les deux sont indissociables : ombres et clartés, ombres et brillants, la terre et le ciel dit-il. 

 

Si tu aimes la vie, comment faire l'économie de la tristesse ?

 

J'ai tourné les pages et j'ai encore vu mes failles, mes béances et mes cicatrices, les vôtres aussi ; forcément, celles de nous tous, celles qu'on ne peut pas voir, celles avec lesquelles on s'arrange comme on peut, plus ou moins bien. J'y ai vu mes déchirures, apprivoisées tant bien que mal, et j'ai cru un instant, apercevoir les siennes, celles qu'on devine à demi-mot quand il dit : 

 

"Je suis né à 12 ans avec la peinture"

 

Chantal Soullier 

 

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Le rond et le carré

 

 

 

"L'invitation au voyage.

 

D'abord se regarder, puis voir, s'en pénétrer, y pénétrer, voyager là et peut être enfin communiquer.

Cette démarche , somme toute, est celle de chacun devant une peinture, un dessin, un graphisme, une trace.

 

 Mais ce qui caractérise le travail de Pascal Thouvenein, c'est la subtile incitation à un tel voyage papier de soie, papier de Chine ou de Birmanie, feuille d'or d'un Orient matifié servant d'un tapis volant. Les couleurs rompues de l'indigo, du tayoukte extrait d'une racine au jus orange, des terres de Sienne naturelles suggèrent un ailleurs lointain. Pour accèder à cet ailleurs il faut rentrer dans le cadre, la quadrature ouverte comme une fenêtre dans laquelle s'inscrit une courbe qui la dépasse, une fuite qui permet l'échapé belle.

 

Le papier si léger, transparent, est froissé. Une déchirure s'y glisse. Aléatoire ? Ou miraculeusement posée pour permettre la suite du voyage ?

Le rond et le carré donnent l'itinéraire à suivre.

Le ciel (rond) et la terre (carré) sont des lieux de création et le lien qui les unit est le trait de l'artiste.

 

Suivons le. Nous irons loin."

 

Danielle Nicol

Novembre 2001 

 
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